martes, 1 de mayo de 2012

Europe des Droits: Droit à un procès équitable.

Europe des Droits: Droit à un procès équitable.

Voilà qui sera bientôt une réalité pour quiconque est arrêté ou placé en détention, où que ce soit dans l'Union européenne. Les ministres de la justice de l'UE ont adopté aujourd'hui une nouvelle législation proposée par la Commission européenne pour garantir le droit des accusés à être informés pendant la procédure pénale. En vertu de la «directive relative au droit à l’information dans les procédures pénales», les personnes soupçonnées d’une infraction pénale seront informées de leurs droits dans une langue qu’elles comprennent, et les États membres de l’UE devront donner à toute personne arrêtée – ou faisant l’objet d’un Mandat d´arrêt européene– une déclaration de droits énumérant ses droits fondamentaux durant la procédure pénale. Une fois entrée en vigueur (deux ans après sa publication au Journal officiel de l'UE, qui devrait avoir lieu d'ici quelques semaines), la nouvelle législation s'appliquera, selon les estimations, à huit millions de procédures pénales par an dans l'ensemble des 27 États membres. À l'heure actuelle, ce droit n'existe que dans environ un tiers des États membres.

«Le droit à un procès équitable est l'un des piliers essentiels de nos systèmes judiciaires en Europe», a déclaré Mme Viviane Reding, viceprésidente de la Commission et commissaire chargée de la justice au sein de l'UE. «Cette nouvelle législation de l'Union contribuera à la sauvegarde de ce droit en garantissant à chacun qu'il sera clairement et rapidement informé de ses droits. Nous posons aujourd'hui un jalon dans notre effort conjoint pour garantir aux Européens l'accès à la justice, où qu'ils se trouvent dans l'Union européenne. Je souhaite remercier le Parlement européen et les ministres de la justice de l'Union d'avoir soutenu la proposition de la Commission. Voilà qui crée un précédent bénéfique pour une Europe des droits et de la justice, preuve qu'il était possible de faire aussi rapidement de ce droit à un procès équitable une réalité pour les 500 millions de citoyens de l'Union.»

La Commission européenne a présenté sa proposition de nouvelle législation en juillet 2010 dans le cadre d'un train de mesures visant à faire appliquer dans toute l'UE les droits garantissant un procès équitable. Il s'agit de la deuxième mesure destinée à créer des normes minimales communes de l'UE en matière pénale, prise à l'initiative de Mme Reding, commissaire de l'UE chargée de la justice. Elle permettra d'accroître la confiance dans l'espace européen de justice. Le Parlement européen et le Conseil ont approuvé, en octobre 2010, la première proposition, qui confère aux suspects les droits à la traduction et à l’interprétation .

La directive prévoit que la police et le ministère public procurent aux suspects certaines informations relatives à leurs droits. En cas d’arrestation, les autorités compétentes fourniront ces informations par écrit dans une déclaration de droits rédigée dans une langue simple et accessible. Elle sera systématiquement remise aux suspects arrêtés, qu'ils en fassent ou non la demande, et sera traduite s'il y a lieu. Bien que les États membres soient libres de choisir la formulation précise de la déclaration, la Commission a proposé un modèle dans 22 langues de l'UE (voir annexe). Il assurera une cohérence pour les personnes qui franchissent les frontières et limitera les coûts de traduction.

La déclaration de droits contiendra des détails pratiques relatifs aux droits de la personne arrêtée ou détenue, notamment:

le droit de garder le silence;

le droit à l’assistance d’un avocat;

le droit d'être informé des charges retenues contre soi;

le droit à une interprétation et une traduction dans la langue de leur choix pour les personnes qui ne comprennent pas la langue de procédure;

le droit d’être présenté à un juge rapidement après l’arrestation;

le droit d'informer un tiers de l'arrestation ou du placement en détention.

La déclaration de droits contribuera à éviter les erreurs judiciaires et à réduire le nombre de recours.

À l’heure actuelle, la probabilité que les citoyens arrêtés et accusés d'avoir commis une infraction pénale soient correctement informés de leurs droits varie d’un État membre à l’autre. Dans certains États membres, en effet, les suspects ne reçoivent qu’une information orale à propos de leurs droits procéduraux, tandis que dans d’autres, l’information écrite n’est fournie que sur demande.

En vertu de l’article 82, paragraphe 2, du Traité sur le Fonctionement de lúnion Europenne , et en vue de faciliter la reconnaissance mutuelle des jugements et décisions judiciaires et d’améliorer la coopération policière et judiciaire dans les matières pénales, l’UE peut adopter des mesures afin de renforcer les droits des citoyens de l'Union, conformément à la charte des droits fondamentaux de l’UE.

Le droit à un procès équitable et le droit d'être défendu sont consacrés aux articles 47 et 48 de la charte des droits fondamentaux de l'UE, ainsi qu'à l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme.

Au mois de juin 2011, la Commission a proposé une troisième mesure destinée à garantir le droit de consulter un avocat et de communiquer avec des proches La proposition est actuellement examinée au Parlement européen et au Conseil.